L’actualité centrale de ce jour dans la presse tourne autour des résultats du referendum hollandais au sujet de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE. C’est le 2e referendum dans l’histoire du royaume. Le premier s’est tenu en 2005 lors duquel les Hollandais avaient rejeté le traité de Constitution européenne à 62%. Ce fut un triomphe des eurosceptiques qui a procuré un choc aux élites de l’Union Européenne qui ne croyaient pas à une telle issue des évènements jusqu’à la dernière minute.
Et voilà qu’aujourd’hui nous voyons des résultats très proches de ceux qui ont été obtenus il y a 11 ans. Seulement 38.1% des Hollandais ont soutenu la ramification des l’accord entre l’Ukraine et l’UE, 61% ayant voté contre. C’est là que commence le plus intéressant…. Le président Porochenko rentre en scène avec ses beaux bobards d’ivrogne ! Vous n’allez pas me croire, mais il se peut que le gouvernement des Pays-Bas puisse passer outre l’avis de ses propres citoyens en tranchant au profit de l’Ukraine. Cela malgré le fait qu’il reste moins d’un an avant les élections législatives en Hollande et les citoyens du pays ne manqueront pas interroger leurs candidats sur les raisons qui les ont poussés à jeter par les fenêtres 30 millions venant des poches des contribuables hollandais, si notre avis vous intéressait si peu. Personne ne peut égaler Monsieur Porochenko dans ses fantasmes féériques.
Et voilà qu’arrive la déclaration de la présidente de la Lettonie Dalia Grybauskaitė : « Personne ne peut se mettre au travers le chemin menant l’Ukraine à l’Europe, parce que l’Ukraine a toujours été en Europe et elle y restera ». Là, où l’Ukraine était avant et où elle est aujourd’hui, tout le monde le sait, hormis quelques Ukrainiens, et ce n’est pas du tout l’Europe…
Bref, tout est clair avec le referendum : si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre.
Le referendum a relégué au second plan le scandale de panama Papers lié aux comptes off-shore où figure aussi Porochenko. Car il s’avère que, selon les dires du principal intéressé, le dits comptes off-shore étaient utilisés dans le but de transférer dans un « blind trust » des actifs de la compagnie « Roshen » (NDT : « Roshen »n est une entreprise ukrainienne de confiserie, dirigée par Petro Porochenko ) et que après avoir été élu comme président de l’Ukraine il s’est soi disant retiré des affaires. Quoi dire de plus ?… Heureux celui qui croit.
On continue. Dans l’actualité de ce jour les déclarations de revenus d’un tel ou autre personnage public ukrainien sont particulièrement nombreuses. Rien d’étonnant que l’adjoint de Vitali Klitchko (NDT : ancien boxeur, aujourd’hui le maire de Kiev) est un homme très riche, que Madame Iaresko (‘NDT : ministre des Finances de l’Ukraine) n’est pas vraiment sur la paille non plus. Par contre, la déclaration du vice-speaker de la Rada suscite chez moi beaucoup de compassion… Pauvre, pauvre Monsieur Paroubyï (NDT : dont la famille est censé de gagner 10 000 grivnas soit environ 345 euros par mois selon le site), comment il fait pour joindre les deux bouts ? Et surtout qui le croit ?
Hier, certainement pour savourer à l’avance le goût de la victoire de l’Ukraine au referendum hollandais, le représentant d’un courant très en vogue en Ukraine en ce moment, à savoir la lutte contre la corruption, a conduit un véhicule en état d’ivresse. Le dit véhicule se trouvaient sous une saisie pour 61 mille de grivnas. Chose devenue courante dans le pays ; tantôt c’est l’ancien adjoint du ministre qui fauche quelqu’un au bord de la route, tantôt ce sont les habitants de Kiev qui arrêtent par leur soins un fonctionnaire saoul, tantôt c’est un employé du parquet d’Odessa menace de tirer dans la jambe de l’agent de sécurité d’un café. Tout cela passe presqu’inaperçu, les gens s’habitue à cette état de choses.
Aujourd’hui, c’est la journée d’une grande fête chrétienne : l’Annonciation selon le calendrier orthodoxe et j’en profite pour souhaiter à nos lecteurs tous le meilleur. D’autant plus que le 7 avril 2014 les forces de la milice populaire naissante se sont emparés du bâtiment de l’administration de Donetsk. Cela fait déjà deux ans que nous sommes complètement indépendants de pouvoirs de Kiev et je m’en réjouis d’autant plus que malgré toutes les difficultés et les privations liées à la guerre, nous avons résisté !
Regardez encore une fois attentivement ce qui est écrit ci-dessus et réfléchissez bien pourquoi nous n’avons pas voulu continuer à vivre dans un pays dont le président est si pitoyable qu’il est incapable de faire face à la réalité en obligeant ainsi ces concitoyens à vivre, eux-aussi, dans un monde parallèle.
Gueorgui Morozov, rédacteur en chef de Novorossia Today
Traduit depuis le russe de Svetlana Kissileva
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