Débunkage de l'article "La fuite en avant de Poutine" d'Antoine Arjakovski.

 
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10 января
21:15

Débunkage de l'article "La fuite en avant de Poutine" d'Antoine Arjakovski.

Le premier réflexe quand on lit un article de journal est de regarder la bibliographie et les opinions politiques de son auteur.

Antoine Arjakovski, est un français d'origine "russe", qui a vécu en Ukraine de 1998 à 2011. En 2004, il fonde l'institut d'études œcuméniques de Lviv. Il est à noter que cette ville est le centre du nationalisme ukraino-bandériste. Antoine Arjakovski a reçu en 2014, le Prix "Grégoire Orlik" de l'association Perspective Ukrainienne.
Il est l'auteur du livre : "Russie-Ukraine : de la guerre à la paix" . Dans ce livre il s'oppose à la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington pour qui la paix en Ukraine ne serait possible que par l'éviction de l'ouest du pays.

Je critique activement Huntington car selon sa conception, la paix entre l’Ukraine et la Russie ne sera possible qu’une fois que l’Ukraine sera divisée en deux parties. La partie catholique de l’Ouest qui tend vers la Pologne, appartiendra à la civilisation occidentale et la partie orthodoxe, qui tend vers la Russie appartiendra à la civilisation orthodoxe.

L'article commence par une évocation de Trump et sa supposée volonté de réconciliation avec la Russie. Dès le premier paragraphe, nous découvrons que ce papier, n'est que l'expression de l'angoisse qui règne actuellement dans les milieux ukrophiles et à Kiev, " tout est perdu, l'Uncle SAM va nous lâcher".Il n'y a pas de frustrations en Russie concernant l'Ukraine contrairement à ce qui a été écrit, puisque la question du Port de Sébastopol est devenue caduque depuis le référendum d'autodétermination de 2014.

[caption id="attachment_156373" align="aligncenter" width="750"]Arjakovski Antoine Arjakowski à l'Ukraine Crisis média center[/caption]

Le premier crime russe décrit est le populisme de Vladimir Poutine, auquel France Télévison a consacré la soirée du 15 décembre 2016. Au cours de ces 3 heures, les télé-spectateurs français, ont appris que le Président Russe est dangereux car il tenait compte de l'opinion du peuple pour gouverner, n'hésitant pas à modifier sa politique si elle ne faisait pas l'unanimité. Il est vrai qu'une telle attitude peut sembler dangereuse dans un pays où la très impopulaire loi du travail fut votée à coup de 49.3...

Dans le chapitre suivant, Antoine Arjakowki, nous fait la prouesse de critiquer les dérives de la période « Eltsinienne » tout en canonisant un de ses principaux acteurs : Boris Nemtsov. Avant de dénoncer la corruption à Sotchi, ce dernier en avait grassement profité, alors qu'il était Ministre de l’Économie sous Boris Eltsine (1997).

Boris Nemtsov nous est présenté comme le principal opposant à Vladimir Poutine, mais en réalité seulement 45 % des russes le connaissait, parmi eux 17% le jugeaient indigne de confiance et seulement 1% des sondés lui apportaient leur confiance. Ce qui revient à dire qu'en Russie Boris Mentsov n'avait même pas le poids politique d'un François Asselineau voir d'un Sylvain Durif.

Pour illustrer son concept de fuite en avant l'auteur se fonde dans sur le soi-disant dopage institutionnel. S'il est vrai que des cas de dopage individuels existent chez les sportifs russes comme dans toutes les nations, décrire un système étatique relève de la pure affabulation.

Regardons les cas de dopage pour les jeux de Londres (les chiffres donnés tiennent compte des dernières sanctions prises en 2016 et ici) :

[caption id="attachment_156375" align="aligncenter" width="392"]Arjakovski Cas de dopages par nations au JO de Londres (2012).(tableau partiel).[/caption]

L'Ukraine si ardemment défendue par l'auteur de l'article présente donc un taux de dopage supérieur à la Russie pour les JO de Londres. (sportifs ukrainiens dopés : Oleksandr P'yatnytsya, Oleksandr Drygol, Margaryta Tverdokhlib et Lyudmyla Yusypenko).

Le dopage institutionnel est donc un des nombreux mythes de la propagande anti-russe colportée dans la presse occidentalle.

Antoine Arjokovsky prend la Syrie comme dernier exemple de la fuite en avant de Vladimir Poutine. Il justifie l'intervention de la Russie par sa volonté de redorer son blason après l'échec russe imaginaire face à l'armée ukrainienne et les sanctions prises par l'0ccident.

Nous sommes heureux d'apprendre qu'il y aurait eut une confrontation entre les armées russe et ukrainienne. Il me semble que la crise ukrainienne était avant tout une guerre civile.

Concernant l'Ukraine je rappellerai les propos de la Porte parole du ministère des affaires étrangères russe Maria Zakharova :

Il est temps de cesser de voir des ennemis dans les habitants du Donbass, a-t-elle fait remarquer. Ce sont aussi des citoyens ukrainiens, tout comme les personnes qui habitent dans les autres parties du pays.

La cause de l'intervention russe en Syrie est donc à chercher ailleurs. C'est à dire dans le danger du djihadisme et son risque de sa propagation en Russie.

Pour renforcer cette idée, il s'appuie sur la dénonciation "d'une vidéo conspirationniste de RT sur la Syrie" soi-disant démentie par la population d'Alep. Or, l'article mis en lien donne seulement la parole à deux journalistes français, et non pas aux habitants d'Alep.

Même si la chute de l'URSS et l'indépendance des républiques musulmanes a rendu minoritaire les musulmans en Russie, ils restent majoritaires dans certaines régions (Caucase du Nord et Tatarstan).

De surcroît, l'intervention des occidentaux et en particulier de la France en Lybie a montré le danger de ces opérations visant à « répandre » la démocratie. La chute de Khadaffi a offert aux Islamistes non seulement la Lybie et permis l’essor du djihadisme au Mali soit à plus 4000 km de Tripoli.

Le danger de voir diffuser l'état islamique au Nord Caucase est donc le véritable moteur du soutien de la Russie à Bashar El Assad garant d'un État laïque dans la région.

Toujours dans ce passage l'auteur nous fait la démonstration de la ré-écriture des faits par la propagande issue des lobbys ukrainiens :

L’assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie Andreï Karlov, le 19 décembre 2016, par un jeune Syrien criant "N’oubliez pas Alep!" n’a certes pas été dans le sens de l’effet recherché par le pouvoir russe.

L'auteur nous parle d'un assassin syrien, alors qu'il s'agit d'un policier turc de 24 ans: Meslüt Mert Altintats.

Pourquoi faire une erreur aussi grossière ? Pour nous faire croire que le peuple syrien est contre l'intervention russe.

Conclusion, cet article relayé par le JDD et Europe1 est tout simplement un condensé des mènes anti-russes colporté par les milieux pro-ukrainiens dans les média-français :

"Poutine est un dangereux dictateur" qui écoute son peuple et qui n'a pas besoin d'un 49.3 pour gouverner.

" Les russes organisent un dopage d’État ", mais ils sont moins doués que les ukrainiens qui produisent en amateur plus de sportifs dopés.

"Les russes sont en Syrie pour lutter contre la Démocratie", ce qui n'est pas surprenant venant de médias qui ne voient pas d'islamistes dans l'ouest de ce pays. Ce qui fut pratique pour leur fournir des armes.

En conclusion l'auteur de l'article a donc un parti pris ouvertement pro-ukrainien et anti-russe.

Laurent Courtois

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à la rédaction.

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